Roll out 09 Tsigaro

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19/11/2015

Windhoek, Namibie : du 9 au 16/11

Au Nord de Marseille en partant vers Francfort le ciel est découvert.
Le vol de nuit avec la compagnie Condor se passe plutôt bien malgré le peu de sommeil.
A l'aéroport de Windhoek nous sommes surpris de trouver les 21°C que nous avions laissés la veille à Francfort! Mais il est 8h du matin et nous sommes à 1700m d'altitude.

Un taxi nous attend pour nous emmener a notre backpacker le Paradise Garden. Nos premières impressions du pays se font au long des 40km qui séparent l'aéroport international du centre-ville. La belle route serpente entre les collines couvertes d'arbustes secs. Les filles ne voient pas les singes sur le bord de la route, elles se sont endormies.

Pour avoir un petit résumé de la Namibie, ce pays est situé au Nord de l'Afrique du Sud sur la côte Atlantique. Il est 20% plus grand que la France mais avec seulement 2 millions d'habitants, soit le deuxième pays le moins dense au monde après la Mongolie. C'est aussi le pays le plus aride d'Afrique au Sud du Sahara.

La langue officielle est l'anglais mais d'autres langues y sont parlées, la monnaie est le dollar Namibien avec un taux proche de 15$ =1€ et il est 1h plus tard qu'en France.
On y sent des influences de diverses origines.
Entre autres, le pays a été sous colonie anglaise et en a gardé la langue ou le côté de la conduite. Sous colonie allemande également et garde des liens avec ce pays, on trouve de nombreux allemands ici d'ailleurs. Et puis également une colonie d'Afrique du Sud, on y parle donc aussi l'Afrikaans, la monnaie a la même valeur et l'aviation civile namibienne est rattachée à l'aviation civile sud africaine.

On vient en Namibie pour ses safaris haut de gamme, admirer ses paysages grandioses et désolés ainsi que ses animaux fantastiques en voie de disparition. Les vélivoles y viennent également profiter de l'aérologie extraordinaire que l'on peut y trouver, mais c'est un autre sujet!
Carte de Namibie.
Source : www.expertafrica.com

La première journée c'est repos à la piscine et découverte du centre ville. Déjà le ton est donné. À peine quelques minutes séparent les avions, en majorité des Cessna 210 qui nous passent au-dessus de la tête pour débuter leur approche sur l'aéroport domestique.
Un 210 en arrivée.

Dès le lendemain, me voilà d'attaque pour aller commencer la prospection auprès des 6 compagnies basées pour la plupart à l'aéroport d'Eros en bordure de la ville.
Le taxi après avoir essayé en vain de me proposer un prix exorbitant me dépose à l'entrée.
Des panneaux aux effigies des compagnies indiquent la direction à prendre : il faut aller dans la zone sécurisée, derrière le poste de garde qui en barre l'entrée. Le stress monte un peu : et si on ne me laissait pas entrer? Mais les gardes doivent avoir déjà vu un paquet de pilotes étrangers comme moi et après m'avoir fait remplir une petite feuille de registre ils m'informent gentiment du chemin à prendre pour chacune des compagnies.

Sur les parkings à Eros.
Comme en Tanzanie, mon boulot de VRP en porte à porte avec ma pile de cv sous le bras reprend.
Voilà en détail ce que ça donne :
Bay Air : toc toc toc........ toc toc toc..... Bon, ben je retenterai plus tard!
Desert Air : "le chef pilote n'est pas là laissez nous votre cv il vous appellera."
Westair : "le chef pilote n'est pas là laissez votre cv il vous..."
Wings Over Africa : "parlez vous couramment l'allemand? (Just a little bit) Nous cherchons un pilote allemand pour une embauche immédiate! Si vous en connaissez un n'hésitez pas... Ah, mais vous êtes français? Vous parlez français alors? ( ça va, je me débrouille) Laissez votre cv, on cherche aussi un deuxième pilote, français ça pourrait intéresser, le chef pilote vous rappellera. Enfin je vous préviens, on paye très mal. Si toutefois on venait à vous proposer un contrat ne cherchez surtout pas à convertir votre salaire en euros, ça vous semblerait ridicule."
Ahhh c'est presque un début dé piste ça!!!!

Allez on continue :
Scenic Air : ils n'ont qu'un bureau de préparation des vols sur l'aéroport, mais les deux pilotes rencontrés sont très sympas et me filent une tonne d'infos. Malheureusement la plus mauvaise tombe vite : ils viennent de recruter 3 pilotes la semaine dernière. Zut, trop tard!
Retour à Bay Air, cette fois la porte s'ouvre : "le chef pilote n'est pas, laissez votre cv il..."
Puis départ en ville :
Scenic Air, le bureau en ville. Ahh, enfin un chef pilote : "et oui, avec ce recrutement de 3 pilotes la semaine dernière, effectivement je vous confirme qu'on n'a pas prévu de recrutement avant un moment. Bon allez je veux bien accepter le cv que vous me tendez"
Wilderness Air : "le chef pilote n'est pas là, laissez votre cv..."

Le bâtiment qui héberge les bureaux de Scenic Air

Mercredi, visite de la ville en famille avec marche à pied jusqu'au jardin botanique très sec. L'occasion de voir que la ville n'est pas plate du tout, on transpire dans les montées!
Vue d'une partie de la ville depuis les hauteurs.
Jeudi, c'est reparti :
Bay Air : le chef pilote est là! Mais ils veulent des pilotes plus expérimentés car ils font du vol multi-turbine aux instruments. (Oui je sais, seuls les pilotes comprendront)
West Air : encore un chef pilote, décidément je suis gâté! "Votre cv m'interesse.... mais nous avons du mal à obtenir les permis de travail pour les étrangers, cela prend un minimum 6 mois, et en plus ce n'est pas moi qui décide mais l'ops manager. Je vais voir avec lui."
Ouahhh encore un début de piste!!!!! J'adore!
Les Aerocommander de Desert Air
Wings over Africa: "bonjour madame la gardienne, excusez moi de vous réveiller. Personne? Bon je repasserai."
Desert Air : le chef pilote n'est pas là il est toujours très occupé mais il vous appellera quand il pourra."
Wilderness Air : "le chef pilote n'est pas là.... Mais ça devrait bientôt recruter, revenez à 16 h pour le voir."
Une piste, encore une piste!! La troisième en 2 matinées, arrêtez c'est presque trop!
Evidemment rien n'est joué, c'est juste qu'après avoir fait autant de recherches sans réponses, les moindres petits signes font espérer que tout est possible, et c'est bien pour cette raison que je suis venu non?
Bon enfin je reviens à 16h et.... Ben non, finalement il est pas là aujourd'hui, ni demain. La semaine prochaine peut-être.

Décoration dans la cour d'une école primaire.
Et oui, il faut savoir être patient. Pas grave, on dit que le vol à voile est l'apprentissage de la patience et j'en ai fait assez pour espérer être calé dans ce domaine.

Le week-end en famille on continue la découverte de la ville.
Dans le centre ville, les décorations de Noël sont en place.
Au marché de Katutura en banlieue, on peut déguster la viande grillée sous nos yeux.
Lundi matin, je retourne voir les compagnies.
Wilderness, alors qu'un employé visiblement étranger m'avait permis d'être optimiste à mon dernier passage, une employée sans doute locale m'accueille cette fois sans enthousiasme : "le chef-pilote est absent mais ce n'est pas la peine de repasser, il vous appellera si besoin. De toute façon nous n'embauchons que des Namibiens et il n'y a pas d'embauche prévue."
Je soupçonne une attitude protectionniste vis-à-vis de ses concitoyens ce que je peux comprendre. Il ne me restera qu'à revenir pour lever le doute.
A WestAir, rien de nouveau.
A Wings Over Africa, je rencontre un pilote en phase de fin de formation. Le processus est partout identique, une fois le candidat embauché, les démarches de demandes de permis de travail sont entreprises et le "line training" qui permet au pilote de s'adapter au travail demandé par la compagnie débute. Cela peut prendre plusieurs mois avant de commencer le travail à proprement parler.
Il me fait part de son récent parcours ce qui m'intéresse évidemment.
A Desert Air je suis bien accueilli mais rien de nouveau non plus.

Il ne me reste plus qu'à retourner au backpacker attendre le bus qui doit nous emmener l'après-midi à Swakopmund.

18/11/2015

Afrique : 2e départ!

Après mon essai peu concluant en début d'année en Tanzanie et une saison de plus dans le vol à voile, il était temps de se préparer pour une nouvelle tentative africaine à la recherche d'un poste de "bush pilot". Cette fois le choix s'oriente plus raisonnablement vers la Namibie et le Botswana, réputés plus propices.

Alors que j'ai acheté mon billet pour un départ au mois de novembre pour 6 semaines, les frustrations de la Tanzanie resurgissent : trop longtemps loin de la famille, trop peu de temps pour trouver un boulot peut-être. Après d'intenses réflexions et calculs avec Aurélie, le choix est fait de changer les plans : nous partirons tous ensemble et pour trois mois!

Avec une telle durée, nous choisissons d'ajouter la Zambie à la liste du parcours. C'est un pays mitoyen et la situation y semble également plutôt favorable quand au recrutement des pilotes.

Le trajet prévu en bus passera donc par les sites les plus actifs au niveau de l'aviation charter dans ces pays.
Atterrissage en Namibie, le plus pratique pour l'arrivée d'Europe, avec visites de Windhoek (1) la capitale puis Swakopmund (2) sur la côte Atlantique.
Ensuite retour à Windhoek (3) pour le départ vers la Zambie avec (4) Livingstone sur les chutes Victoria et Lusaka (5) la capitale.
Enfin après un retour à Livingstone (6) la très active Maun (7) aux portes du delta de l'Okavango dans le Botswana, avant de revenir à Windhoek (8).

Itinéraire routier prévu.
La boucle est prévue sur un mois, les deux mois restants permettant éventuellement de retourner sur des lieux ou des pistes se profilent.

En guise de préparation, je relis l'indispensable guide disponible sur le blog "From theAfrican bush to the European skies" ainsi que le blog "Chacun sa route..."
Je recense en tout 25 compagnies, à qui j'envoie un email pour prévenir de mon arrivée en y joignant mon CV.
Je suis surpris de recevoir pas mal de réponses (6) avec des informations qui viennent compléter et confirmer les miennes :
Impossible dans ma situation de trouver un poste sans venir sur place, la paye est symbolique, les démarches de conversion de licence et obtention de permis de travail longues et fastidieuses...
Comme il fait très chaud là-bas, ils préfèrent peut-être refroidir un peu le candidat avant son arrivée!
Moi ça me rassure : tout concorde avec les infos précédemment collectées.

En plus de ça j'ai une excellente nouvelle : J'avais prévu de me faire qualifier sur Airvan car il parait que cet avion est prisé au Botsxana. Or le pays a reconnu récemment le droit aux pilotes détenteurs d'une licence européenne avec qualif SEP de voler sur n'importe quel avion de la catégorie. On peut donc voler sur n'importe quel appareil de cette catégorie sans autre formalité, comme en Europe! Ouf, j'annule mon aller-retour au paraclub du Luxembourg pour une qualif sur le seul Airvan que j'aie trouvé en Europe!
L'Airvan du Cercle Parachutiste Luxembourgeois.
Photo de leur site : http://www.cerclepara.lu/

Galane dit au revoir à ses copains à l'école, Anémone à sa nounou, les vaccins sont faits, les bagages bouclés. Le choix de leur contenu a d'ailleurs été un sacré casse-tête. Nos affaires entassées dans un garage, tous les papiers pour les démarches et une éventuelle embauche imprimés, nous voilà prêts : Africa nous voilà!


04/11/2015

2e saison à St Auban

Voilà une deuxième saison comme instructeur au CNVV (Centre National de Vol à Voile) à Saint Auban terminée.
Encore beaucoup de plaisir avec une équation dont on ne se lasse pas :
   Une aérologie excellente et variée
+ Un environnement magnifique et varié dans les Alpes du Sud
+ Des planeurs modernes agréables
+ Des rencontres mémorables avec des stagiaires venant du monde entier pour une semaine
= beaucoup de très jolis vols partagés avec de nombreux pilotes!

Il faut reconnaître que c'est assez passionnant d'essayer d'exploiter au mieux les conditions offertes dans le temps imparti (jusqu'à 3 stagiaires à faire voler entre 12h30 et 19h30) pour proposer la meilleure expérience de vol au stagiaire tout en le faisant progresser.

Petit album photo de la saison.
Une bonne journée au-dessus de St Crepin.
En descendant la "voie royale" dans le parc des Ecrins
Encore sur la "voie royale", la face ouest de l'Ailefroide je crois, 3900m.
En onde, entre les étages de rotors et de lenticulaires.
Par une très belle situation d'onde de nord, du côté du Ventoux.
C'est mon stagiaire qui m'a signalé l'arc et la flèche dessinés à la tondeuse dans le champ.
Peu après une averse de grêle.
Les pentes fleuries des Monges 2100m.
Une jolie journée de week-end sans élève me permet découvrir avec grand plaisir le monoplace ASG29 jusqu'au Viso 3840m...
...puis jusqu'au lac du Mont Cenis.
Le Cheval Blanc 2330m.
Très fréquenté le long du "parcours du combattant" formé par les crêtes alignées
entre le Lac de Ste Croix au Sud et celui de Serre-Ponçon au Nord.
Le Pic de Bure (2700m) sous cumulus, également un grand classique.
Les orages se développent, il va falloir choisir un autre secteur pour la suite du vol.
Les nuages sont plus bas que le sommet des crêtes, on chemine en restant près du plafond.
A l'ouest de Sisteron par une journée nébuleuse.
Même quand le ciel n'incite pas trop au décollage les conditions sont souvent favorables dans le secteur.
Dans le massif du Devoluy, le Grand Ferrand à 2760m.
La "voie royale" est un alignement de crêtes qui permet de traverser le parc naturel national des Ecrins
en descendant du Nord au Sud...
...depuis le Glacier Blanc jusqu'à la Tête de Lucy, ou mois fréquemment dans le sens de la montée.
Le Glacier Blanc perd de sa blancheur au mois d'août.
La Barre des Ecrins : 4100m.
Dans le secteur du col du Galibier, la vallée de Serre Chevalier à droite de la photo.
Les gorges d'Opedette et le Luberon
Le Viso qui émerge.
Depuis le secteur des Baronnies. La crête de Lure est au fond à gauche dans l'image.
En onde avec un stagiaire au travers de la Montagne de Ceüse.
Le Pic de Bure accroché.
Au-dessus des nuages, au calme dans l'écoulement sans turbulences.
Un moment particulièrement apprécié des pilotes de planeur.
Le Mont Aiguille dans le Vercors. Un secteur qui a été souvent bon cette saison.
Point de virage au Mont Ventoux 1900m. Plus à l'Ouest la vallée du Rhône est en principe moins favorable.
ASH30Mi le long du "parcours du combattant". Un secteur qui peut être par moment si fréquenté que nous préférons l'éviter.
Le Büech entre Serres et Sisteron.
En spirale pour monter dans un thermique.
Le Ventoux au loin.
Le signal de Lure 1850m
En montée dans un ressaut d'onde à 7,5m/s, mon record de la saison.
Le tableau de bord moderne de l'Arcus avec la moving map du LX8000.
Course avec l'ombre en vol de pente au Cheval Blanc.
Spirale à deux.

Prochaine étape : un voyage de 3 mois en famille en Namibie, Zambie et Botswana pour aller chercher un boulot de pilote avion. Départ prévu le 8 novembre, dans moins d'une semaine : à bientôt pour de nouvelles aventures!